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Carnet de bord : Volume II, chapitre VII
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ROBINSON CRUSOE

Nous sommes arrivés le jeudi 23 janvier 2013, dommage à un jour prêt il se serait appelé « vendredi ».
Cette île romanesque existe vraiment !

L´île Robinson Crusoe est une île volcanique, elle appartient à l´archipel de Juan Fernandez, composé de trois îles déclarées Parc national par le gouvernement chilien et Réserve mondiale de la biosphère par l’Unesco, le tout se trouvant à 674 kms des côtes chiliennes, au large de Valparaiso.

Elle prit racine dans la littérature, lorsque le marin écossais Alexander Selkirk fut contraint de vivre quatre années seul sur l’île pour avoir désobéi à ses supérieurs.

Sur son côté Ouest, l’île se montre sèche, exhibant une gamme de couleurs terre. A l’Est la colline Yunque, avec ses 915mètres de hauteur est le point culminant de l’île. Le seul village est San Juan Bautista, où 500 personnes habitent et vivent de la langouste et de la pêche…
Le monde végétal est représenté par 215 espèces, desquelles 130 sont endémiques de l’île.
L´écosystème marin est aussi unique que son écosystème terrestre. La langouste est une des richesses de l’île.

Notre correspondant scientifique français Philipe DANTON, expert en botanique de l’ile, qui a écrit de nombreux ouvrages sur l’évolution des espèces végétales, a dû quitter l’ile quelques jours avant notre arrivée tardive. Il partage notre sentiment sur le réchauffement climatique. Nous avons RV chez lui à Grenoble à notre retour pour plus amples informations.

L’ile de Robinson est peuplée de 750 habitants en tout, dont 144 pêcheurs de langoustes qui assurent l’économie de l’île avec 62 bateaux, ils pêchent huit mois par an, numérus closus qui permet l’exportation de 140 tonnes par an. Le reste étant les ressources d’un tourisme naissant, avec les 4 paquebots par mois qui débarquent leurs passagers 4 heures à chaque escale et quelques rares randonneurs qui font du trek dans les montagnes escarpées.

Premier tour de ville, ou plutôt du village. Une jetée, montée sur pilotis de bois, est la seule infrastructure portuaire... une route en béton qui longe le littoral très rocailleux... pas de plage de sable.
La population  n’a plus rien de polynésien, et très typée sud-américaines, chevelures longues et très brunes, noires, visages plus ronds, …, et des gens qui bougent de partout et viennent à notre rencontre, sans aucune raison commerciale, pas de bibelots, une seule petite boutique de souvenirs, rien à voir avec Pâques qui en a fait une industrie. Les gens sont très gentils et répondent très facilement aux questions. Ici nous sommes trop loin de la Reine d’Angleterre pour qu’ils en aient appris la langue et l’écossais Alexander Selkirk ne devait pas être très pédagogue.
Les maisons sont en bois plaqué sur charpente métallique et toutes montées sur pilotis. Les maisons, sans couleurs lumineuses, sont récentes, car le tsunami de 2011 a tout arraché sur les dix premiers mètres de hauteur au-dessus du niveau de la plage.
Une seule voiture de police tourne en boucle sur les quelques kilomètres de routes et de chemins, l’insécurité n’existe pas ici, pas même le mot.

Nous rencontrons Marcello ROSSI, chilien du continent, homme d’une cinquantaine d’année, qui vit à Robinson avec femme et enfant. C’est l’homme clef de l’île. Il est le président et le défenseur des pêcheurs, intelligent, il sert d’intermédiaire avec les paquebots qui lui achètent des provisions de langoustes. Il explique qu’il se bat pour que la zone devienne réserve locale de production des langoustes, avec quota de pêche, au niveau actuel, car il a vu que pêcher plus (jusqu’à 300 tonnes par an) faisait reculer les langoustes plus au large, c’est-à-dire, plus loin, plus profond, donc plus de gas-oil, plus long à pêcher au casier, donc plus cher, donc pas rentable. Il a fait redescendre le quota à 150  tonnes par an, le prix a doublé (10 euros le kilo ce jour) et le stock remonte naturellement. Il cherche aussi  à classer la zone priorité Chili, et l’agrandir au –delà des 12 miles nautiques actuels, pour que des pêcheurs japonais ou autre, ne puisse venir s’emparer de ce trésor qui assure la vie de ses habitants. Intelligent non ? Et écologiquement aussi.

Le village n’est relié à rien, pas même à la piste de l’aéroport située sur la seule partie plane à l’autre bout de l’île. Le fait est simple, les montagnes montent à la verticale dans une forêt dense sur un versant, désert sur l’autre, et construire une route pour les 50 voitures sur place n’aurait aucun sens. C’est donc en bateau que les personnes font le voyage de l’aéroport à la ville, original non ?

Marcello nous propose de faire une journée de trek à cheval pour voir le fameux « mirador » lieu situé dans le col de l’ile entre les deux versants, c’est de là que Alexander Selkirk guettait tous les jours pour voir si un navire ne passerait pas à coté de l’ile. La légende dit qu’il avait préparé un grand tas de bois, pour faire des signaux de fumée, pour se faire remarquer.
C’est  Francesco qui nous accompagnera. Il arbore le physique chilien parfaitement typique, chapeau noir à large bord, collier de trois dents de requin, tatouage, lasso à la ceinture, sourire comme sur les photos des pages de catalogue. Il nous ouvre la route, puis le chemin, puis le sentier de plus en plus escarpé, où les chevaux font preuve d’une force et d’une agilité pour se hisser au travers de la végétation luxuriante. Du haut du mirador, 870 mètres d’altitude, la vue sur les deux rives de l’ile est magnifique. D’un coté une végétation luxuriante avec les plantes endémiques, et de 'autre une steppe désertique et sablonneuse.

C’est encore Marcello, qui nous préparera les langoustes grillées au feu de bois d’eucalyptus. Pendant que les braises chauffent, il va en bateau sortir des langoustes femelles, supérieures en parfum aux mâles, de son vivier flottant dans la baie. Marcello fend les langoustes en deux, la braise est prête. Il dépose les bêtes sur la grille. Elles bougent encore. Délai record : 10 minutes entre la sortie de l’eau et la mise sur le feu, qui dit mieux!
La cuisinière badigeonne les langoustes, avec une branche de coriandre en guise de pinceau, de beurre salé fondu parfumé au jus de citron. Elle veille à ce qu’elle reste bien horizontale pour conserver le jus qui les rendra moelleuse.
Marcello, nous propose un jacuzzi au feu de bois, en douelle de grand tonneau…ça détend un peu les jambes endolories du trek ! C’est un bon plan et c’est écologique.

Dans cette baie, encore un bateau français, deux anciens avocats d’une cinquantaine d’année, ont tout vendu pour acheter un bateau de 10m50,  il y a quatre ans et vivent depuis à bord en permanence. Ils font en couple le tour du monde au gré de leurs envies, ils ne veulent même plus entendre des nouvelles de la France. Ils viennent de Puerto Montt où nous nous rendons, et ils nous ont donné de bonnes informations fraiches pour s’y rendre et le nom de 5 voiliers français, sur les dix qui y étaient, il y a quinze jours…

Daniel BOULOGNE.








 
 
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